Génération Ragnarök


On me demande : « Comment se fait-il que tu passes ta vie à commenter l’Edda, mais que tu sois aussi élitiste, carré VIP, quant aux gens qui souhaitent s’en rapprocher effectivement ? »
 
C’est très personnel. A mon âge, je n’ai plus le temps d’être patient, ni tolérant : il y a dix, ou même cinq ans encore, j’écoutais volontiers les questions de gens catholiques, ou d’animaux sans religion, voire même de Wiccans – je leur expliquais les choses, je les apaisais… Mais cette époque est révolue. Aujourd’hui, comme Mailer l’écrit dans les Nus et les Morts, « je déteste tout ce qui ne fait pas partie de moi » : si une chose n’a pas un rapport direct avec ce que j’enseigne, si elle n’augmente ni ne stimule ma vie et mon Siðr, je ne veux même pas en entendre parler : je n’admets plus que ce qui enrichit mon existence.

D’autre part, il n’est plus temps de nous justifier, ou de tenter d’être œcuméniques. C’est un point dont je constate qu’il est parfaitement intégré par la nouvelle génération de Wotanistes, que l’on pourrait appeler la « Génération Ragnarök » – non qu’elle aspire à la Consommation du Destin des Puissances – bien au contraire ! – mais elle est naturellement consciente de l’urgence, cherche la profondeur, ne geint pas, est mue par l’esprit « si tout s’arrête demain, nous aurons entendu de grandes choses aujourd’hui » : philosophiquement, c’est jouer de la lyre en regardant l’incendie de Rome, soit la philosophie du grand Wotan, notre maître, lui-même : < Mælir Wotan við Míms höfuð >, comme il est écrit (Vo, 46).

Les boomers* ont grandi dans la peur de la bombe : ils ont dû assumer la constante possibilité d’autodestruction de la planète ; la génération suivante a, progressivement, pris la mesure du génocide en cours, et s’est résolue à admettre qu’aucun slogan, aucun tractage, aucune militance – aucune « conquête électorale », aucun « livre destiné à réveiller les gens » – n’y pouvait changer quoi que ce soit.

Du fait du christianisme, du républicanisme, du communisme, puis de la propagande N.W.O., la plupart des Blancs ont été élevé dans le vouloir-mourir, et œuvrent activement à leur propre extinction – au lieu que les skrealing, comme leur nom l’indique, ne cherchent à détruire que ce qui est beau (donc, en priorité, le peuple blanc) – Reconnaître que nous vivons, en fait de créativité, dans un monde « post-orgasmique », et constater l’extrême visibilité des mécanismes de notre extermination, contraint à des révisions déchirantes. La plupart des gens en sont incapables – et se retirent dans le confort « réaco/fachosphère » ou le mysticisme new age, quand ce n’est pas dans le déni bobo pur et simple, ou même l’hystérie « antifa » – Et je trouve cela très bien pour eux, et leur souhaite bonne chance : tout ce que nous, adeptes de l’Ancienne Voie, demandons, c’est la liberté de créer, de nous amuser, de partager des eddas orðs entre nous, de préserver et chérir ce qu’il nous reste, tant qu’il nous en reste – et de bâtir nos propres petites citadelles, dans le bois de Hóddmímir, loin de l’apocalypse zombie.

Alu

- Sir Shumule, 23 mars 2016

* PS (30 novembre 2017) : Notez que l'esprit de la génération d'après-guerre est si diamétralement contraire au Siðr que Weev demande pardon au grand Wotan, notre maître, lorsqu'il doit prononcer le mot "boomers". Cf. A response to Paul Ramsey's boomer-posting