mercredi 20 décembre 2017

Veille de Yule


Du nom de la Fête qui débute ce soir, on tire le notarikon (acronyme cabalistique) suivant : «Yule Wotan Loðungr Heim », soit : « Yule est où Wotan réside vêtu d'un manteau élimé » i.e. « Se prétendre suffisamment grand ascète pour affronter l'hiver sans un minimum de confort matériel est de l'orgueil à l'état pur » mais aussi : « Voici le temps où la plus Haute Lumière se dissimule sous les oripeaux les plus ténébreux ».

Bon et heureux hiver à tous !

jeudi 7 décembre 2017

Evhemerizer : Lecture préparatoire au Jour des Martyrs


C’est demain le Jour des Martyrs, où nous nous acquittons de l’obligation d’honorer < par-dessus tout ceux qui ont donné leur vie ou leur liberté pour la préservation du peuple > (Pr, 40 ; Co, 8).

L’an dernier, à la même date, j’ai demandé la raison de ce « par-dessus tout » à mon Supérieur dans l’Ordre, qui m’a répondu : « C’est là le véritable sens, et la fonction sacrée, de ce qu’ils appellent évhémérisme ».

Tout le Siðr consiste, en effet, à honorer ce en quoi nos Grands Ancêtres ont atteint au surhumain, et d’ainsi (par le « lien rouge », « l’amour soumis à la volonté » i.e. le grand agent magique du vouloir sous-tendu par l’amour que produit le fait d’honorer) s’attacher à eux, afin que le rayonnement qui procède de leur maeri (mérite, au sens karmique du terme) nous confère le pouvoir d’avancer à notre tour vers un niveau d’existence plus élevé, c.a.d plus inclus dans le Divin.  

En d’autres termes : le Divin crée l’homme au dessous de Lui pour avoir une charnière qui permette à Son énergie de vivifier Erda (la Terre) sans la brûler, l’homme, à son tour, crée des « dieux » au dessus de lui pour avoir des liens (« Ases » signifie littéralement « liens ») qui lui permettent de se connecter au Divin et de se hisser vers Lui.

Bref : DIEU crée l’homme qui crée des « dieux » – avec les plus illustres de ses Ancêtres, s’il est Wotaniste – mais ni plus, ni moins que la « Beliebeuse » avec Justin Bieber ou la « Directionneuse » avec Harry Styles. Une fangirl qui tapisse sa chambre de posters de son chanteur favori est la forme dégradée – excrémentielle –  du Wotaniste qui allume des bougies pour les Ases avant d’étudier. Mais le principe est le même : il s’agit de vivre au maximum en la présence de quelqu’un dont le « voltage » est supérieur au nôtre pour bénéficier de l’influence du rayonnement de sa personne dans notre croissance individuelle.

La partie la plus haute de l’Edda orale est celle des contes. Nous vivons dans un monde de conteurs. Si des extra-terrestres étudiaient notre culture, ils seraient stupéfaits de notre obsession pour la fiction. Nous lisons des romans, regardons des films, nous passionnons pour des feuilletons – aujourd’hui télévisés, autrefois gravés sur les murs… Même < l’Histoire, qu’elle soit séculière ou religieuse, est une fable issue de mensonges égoïstes et promulguée par ceux qui en bénéficient > (Pr, 6), c’est-à-dire une fiction. Depuis l’aube des temps, nous nous servons de contes au sujet de nos aïeux, de nos sages, de nos héros, de nos ennemis, de nos succès, de nos échecs, de nos rêves et de nos cauchemars, pour préserver le passé de l’oubli, enseigner nos valeurs communes, exorciser nos peurs collectives, ritualiser (ordonner) nos existences, transmettre notre savoir et nous amuser. L’homme n’est heureux que lorsque  les choses cessent d’être conventionnelles : c’est la base de tout bon récit – Que faire, lorsque vous êtes donné perdant et devez vous battre pour survivre ? Que faire lorsque les fils de Muspell entrent en guerre et qu’< il n’est plus aucune chose en ce monde qui se révèle sûre > (Gyl 13, 10) ? Quel genre de tempérament, d’honneur ou de sens de la justice avez-vous lorsque c’est Ragnarok et que, par conséquent, < le bon est le bien > (Wodenson, Polygamy, §18) ? C’est là que les choses deviennent intéressantes : le Zuger veut couper court aux sornettes, se lancer des défis, en lancer aux autres, et jouir de la vie.

Pourquoi doit-il, en ce sens, < honorer par-dessus tout > le Jour des Martyrs ? Parce que l’homme est un evhemerizer à qui Wodenson et tous nos Anciens disent : « Mets la barre le plus haut possible ! Quitte à te faire des role models qui, en vertu de l’évhémérisme, deviennent des élaborations jungiennes, fais-les à partir des êtres les plus nobles que tu puisses trouver ! Et les êtres les plus nobles que tu puisses trouver sont ceux qui ont donné leur vie, ou leur liberté, ou leur fortune, pour que l’ahurissant miracle appelé « lignée d’Himinbjorg » ou « peuple blanc » ne disparaisse pas de la Terre ». Alu.

Jeûne facile à tous ! Bénédictions endiablées !

dimanche 3 décembre 2017

Pimp ou L'abus de faiblesse est ma religion


Je reçois ce hate mail rigolo : 
« Avant de devenir le leader escroc obsédé sexuel d’une secte vénale dangereuse, à quoi vous destiniez-vous ? »
Ma foi, je ne me destinais à rien. Je m’amusais, c’est tout. Je jetais l’argent par les fenêtres et le regardais tomber. C’était très gai.

Mais puisque la chose vous intéresse, j'ai naguère résumé ma jeunesse ainsi : 
J’ai mené une existence d’aventurier dandy, impliquant une multitude de tampons sur mon passeport, de liaisons sans lendemain, de rixes sanglantes et de cellules de dégrisement. Il vous faudrait trois vies pour approcher ne serait-ce que le nombre de ragots qui me concernent […] J’ai aussi contemplé un tas de choses bizarres, dans presque tous les cercles où se pratiquent les arts du mysticisme et de la magie – choses à la vue desquelles un bourgeois, un sceptique, un matérialiste, se fût instantanément réfugié dans la certitude qu’il était atteint d’aliénation mentale – Moi, simple hobereau glandeur, il ne m’est jamais venu à l’idée de douter de mes sens – résultat : j’ai pu m’édifier tout en m’émerveillant. Pur produit de la Vieille France, c’est-à-dire jeune homme propre-sur-lui ayant appris très tôt que les enfants ne parlent pas à table, j’ai fréquenté plus de voleurs et d’assassins que si j’étais né cas social, et le lit de plus de femmes que si j’étais devenu hardeur – vocation que le cant familial contraria in extremis. J’ai beaucoup voyagé. Les convictions religieuses, philosophiques ou politiques ne valent rien, qu’elles ne soient validées par l’expérience directe – sans compter qu’en fait de femmes, j’aime livrer étranger – Mais je me sens devenir sédentaire – A l’homme véritablement contemplatif, ne suffit-il pas de changer, de temps à autre, l’agencement de ses coussins ?
Au plan professionnel, je m’en tiens à la Parole de Charles Baudelaire : < Il n'existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer. Les autres hommes sont taillables ou corvéables, faits pour l'écurie, c'est-à-dire pour exercer ce qu'on appelle des professions > (Mon cœur mis à nu, XXII), ou ainsi que l’a reformulée Wodenson : < Qu’est-ce qu’être « responsable » dans un pays occupé, sinon de la trahison et de l’esclavage ? Allez dans vos usines et vos entrepôts, dans vos bureaux, dans vos champs, et faites-vous esclaves à vie. Puis consacrez la moitié de vos revenus à des impôts qui financent le meurtre de votre peuple. Après le travail, détendez-vous dans vos vêtements fabriqués en Chine, avalez de la cuisine coréenne et, sur l’écran de vos téléviseurs japonais, regardez des femmes blanches faire des galipettes avec des skrealing de toute sorte. > (Open Letter to a Dead Race , §7-8) 

Depuis la fin de mes études, je m’efforce d’être aussi inutile que possible, et n’ai jamais occupé le moindre emploi – sauf si vous considérez le proxénétisme comme un emploi... (NB : Il y a prescription. « Proxénétisme » est, d’ailleurs, en l'occurrence, un bien grand mot. Disons que j'ai vécu, un temps, avec une jeune femme qui, elle, vivait du commerce exclusif de ses charmes, industrie dont les dividendes étaient, en partie, consacrés à mon entretien... Mais l’expérience m’a paru hyper intéressante, parce que le proxénète est au sommet absolu de la chaîne alimentaire : lorsqu’un thrall a de l’ambition, il s’efforce d’accéder aux prébendes et aux sinécures ; puis il consacre ses émoluments à s’offrir de belles escortes ; lesquelles remettent ce qu’il leur donne à leurs souteneurs. Résultat : le baron de Rothschild n’est pas le final boss. C’est le pimp de sa croqueuse de diamants favorite qui l’est.)

Un jour, je suis passé, avenue du Maréchal-Maunoury, devant une affiche 4X3 qui proclamait en caractères géants : 

« Devenez Gourou ! » 

Ce fut le déclic. Un commentaire laissé sur mon blog par « Une Lectrice Parisienne », et qui disait : « BILLET GENIAL ! SHUMULE APPELLE-MOI ! DONNE-MOI TON SPERME ! » acheva de me décider : oui ! une doctrine basée sur les Quatorze Mots était le meilleur moyen de recruter de belles admiratrices qui acceptent, réclament, implorent que je me livre sur elles au pregnancy risk sex, soit au sexe le plus excitant du monde !!!

Vous me direz : « Une fois toutes vos groupies enceintes et tous vos disciples dépouillés de leurs économies (car celui qui sort de l’état de pimp, l’état de pimp ne sort jamais de lui), il y aura bien quelqu’un pour porter plainte contre vous pour "abus de faiblesse"…»

Je l’espère de tout cœur, ami. Car l’abus de faiblesse est ma religion : le grand Wotan, notre maître, n’est-il pas surnommé Rögnir (= « leader »), Ginnarr (= « escroc »), Vingnir (= dépravé, donc « obsédé sexuel »), Bragi (= chef de clan, donc de « secte »), Auðun (= ami des riches, donc « vénal ») et Bolverk (= Malfaisant, donc « dangereux ») ?... Et de même qu’une fête n’en est pas une tant que rien n’est cassé, un courant spirituel n’en est pas un tant que quinze « associations de lutte contre les dérives sectaires » n'ont pas porté plainte contre lui.

Sur ce je suis las – Bons baisers du Château de La Touche, ami hater ! :D  – que votre Avent passe comme un rêve ! :D