vendredi 16 décembre 2016

Ne faites rien


Illu feginn verðu aldregi en lát þér at góðu getit : Ne te réjouis jamais du mal, mais laisse-toi aller au plaisir de faire le bien. (Hávamál, 128)

. Le mal, nous le savons, n’est pas « contraire » au bien – il lui est perpendiculaire. Le sort de l’homme est une croisée des chemins en loop

Nous sommes constamment tiraillés entre les sollicitations de notre atavisme Ase – qui nous invite à prendre, soit de l’altitude, soit de la profondeur – et notre hérédité Jötunn – qui, aspirant à l’horizontalité animale, pousse à la déviation sur la droite (excès de rigueur) ou sur la gauche (excès d’indulgence).

En cela, rien de « moral » : ce conflit est dans l’ADN, dans le code génétique de tout fils de Heimdall.

- Que faire, alors, s’il arrive que je me surprenne en mode hrímþurse ?

Rien. Ne faites rien.

Restez assis et ne faites rien. C’est parfois préférable. Le Jötunn inside, descendant d’Ymir, est stimulé par le binaire, c’est-à-dire par l’action.

Il suffit donc souvent d’arrêter de « faire » : laissez partir l’impulsion négative : laissez-la < seule comme une vieille prostituée dont plus personne ne veut > : l’essence de Ziu est dans l’aspect loop (l’aspect Groundhog Day*) de la croisée des chemins : apprendre à être au même endroit – dans la même situation – mais cette fois : s’accrocher et ne rien faire.

- Et si j’ai dévié de manière irréversible ?

La rune Ingwaz ᛜ enseigne : Peu importe ce que vous avez pu faire, peu importe ce que vous avez vécu… l’important est de commencer à nouveau – maintenant.

Et il ne suffit pas de recommencer une fois : lorsqu’on se sent bloqué par les conséquences d’actes passés (y compris ceux des cinq dernières minutes), prendre une longue inspiration, visualiser Ingwaz, et dire : « Je commence cette minute comme un nouveau-né [cf. Búri], comme si c’était ma première respiration » – C’est le grand secret : on n’échappe pas à Ragnarök en faisant machine arrière, mais en recommençant continuellement à zéro.

Joyeux cœur de semaine à tous Étude profonde, voluptés conjugales, festins surabondants Rechargeons-nous aux mondes supérieurs, c'est-à-dire aux trois forces à l'équilibre.

*Groundhog Day (Un jour sans fin) : J’ai toujours trouvé étonnant qu’un film d’une portée spirituelle si « Búri-esque » se déroule précisément le jour de l’Imbolc.