jeudi 10 novembre 2016

#WotanProtest

Sigurd fights Wotan, par André Kosslick

Reçu une lettre intense, dont l'auteur me fait remarquer « l'avantage obscène » qu'ont, sur leurs parents revenus au Siðr, les enfants « directement nés au sein d'une hearth » : ils sont, pour ainsi dire, « religieusement blindés de naissance », et n'auront pas à subir ce « long, fastidieux, douloureux, déchirant » processus de remontée vers l'Edda que nous désignons par la rune Ziu.

« Pourquoi faut-il, du reste, que ce soit aussi douloureux ? Pourquoi pas une Illumination aveuglante et rapide comme l'éclair [Ziu] de tous les Jarls qui consentent, et bye-bye à jamais au vieux monde gris tout infesté-grouillant de skrealingar et de muspelheimers ? »

- Insensibilité de la métempsychose ! Il y a, c’est vrai, une apparente injustice dans le fait que les Blancs qui ont dû se tailler un chemin à travers la jungle pour revenir (parfois de très loin) à la Voie Ancienne puissent, au mieux, espérer être des passeurs – au lieu que leurs enfants, qui ne se sont donné que la peine de naître, et rien de plus soient instantanément 100 % Wotanistes-pur-jus-avec-des-récipients-d'acier, dont tout le parcours est défriché, bordé d’occasions-de-māri chatoyantes qu'ils n'auront qu'à cueillir...

Ziu est très précisément ce que l'Amérique vit depuis hier : pour revenir à ce qu'elle était avant le 9/11 (et on a relevé à quel point l'élection de Trump un 11/9 était pleine de promesse en ce sens), il lui faut supporter, au début, que les forces excrémentielles LGBT/BLM, c'est-à-dire lokiennes et obscures, qu'elle a nourries et laissé proliférer durant l'ère néocon Bush-Obama, déclenchent des émeutes #NotMyPresident Alors que, s'il plaît aux dieux, l'enfant qui naîtra dans huit ans trouvera l'Amérique déjà toute « Great Again ».

De même, il est inévitable que les entités coprophages se nourrissant des souillures spirituelles de la personne éloignée déclenchent, en elle, des #WotanProtest #NotMyGoði, des troubles violents, aussitôt qu'elle tente de revenir à l'Edda Si, malgré cela, elle complète (complétion = nombre 8) sa Ziu, ses enfants auront « l'avantage obscène » qu'on leur trace Wolfsangel sur le front dès le huitième jour de leur existence.

Le « pourquoi » de la chose nous est donné dans Helreið Brynhildar : tout ce que l'on attend de Sigurd, pour qu'il accède à Brynhilde, c'est qu'il n'ait pas peur, i.e. qu'il « consente ». Car son récipient – i.e. son véhicule – est Grani, qui, lui, ne craint rien, puisqu'il est fils de Sleipnir, donc « religieusement blindé de naissance ».

Explication : Brynhilde est la valkyrie emblématique, la valkyritude même, c.à.d. l'Âme Sœur, c.à.d le passage de Ior sous contrôle de Calc via le sentier d’Ansuz, c.à.d la Magie Sacrée, c.à.d le cœur – i.e. la nature même – du Siðr de chacun.

Le danger de la Magie est, comme on sait, que sa Lumière dépasse les récipients (la « broigne » à laquelle le prénom Brynhilde fait allusion) de celui qui la reçoit, entraînant des débordements d'une extrême puissance, donc effroyablement destructeurs pour lui et pour le monde : éternelle histoire de l'apprenti-sorcier, du < goinfre > qui < ignore ce que son estomac peut contenir > (Há, 21), et du « magiste » utilitaire : après que le roi Agnarr a capturé (= s'est emparé indument de) Brynhilde, l'extrême puissance de celle-ci au combat a déterminé la défaite de Gunnar-au-Haume contre l'arrêt du grand Wotan, notre maître.

Ce dernier préfère donc placer la Sapience hors d'atteinte du vulgaire : il entoure Brynhilde d'un mur de boucliers et d'un feu ardent : obstacles temporels, obstacles spirituels. Question : dès lors, qui peut s’approcher ? – Réponse : celui qui n’a pas peur : on ne demande à celui qui se rapproche, et dont les récipients sont évidemment en miettes (les transgressions détruisent les récipients de celui qui les commet, même s'il a « les meilleurs intentions du monde » et s'il ignore qu’il s’agit de transgressions : imaginez donc l’état dans lequel se trouve le Blanc lambda fin 2016 ! C’est de lui que parle l'Edda lorsqu'elle rapporte que Sigurd est un noble Volsungar, c.à.d un descendant direct du grand Wotan, mais élevé par Reginn-Mime, nain forgeron cupide, fourbe et lucifuge : Sigurd est tout homme blanc éloigné voulant se rapprocher de l'Edda : un descendant biologique du grand Wotan, un homme profondément noble, mais dont les récipients ont été brisés par son « éducation » et ses fréquentations… Du reste, voilà encore un paradoxe réjouissant : plus Ragnarok approche, plus nous ressemblons à Sigurd !), on ne demande, dis-je, à celui qui veut approcher Brynhilde, la Voie Ancienne, dont il n'aurait jamais dû se séparer, comme il est écrit : < Sigurd et moi n’aurions jamais dû cesser de vivre ensemble > (HB, 14), que de « consentir », de ne pas répondre « non » à la Sollicitation divine. 

Même le plus freak des milléniaux lobotomisés dès l'enfance par les mass média et la « société libérale avancée » peut s’asseoir au festin de Samhain : même le plus éloigné des hommes peut atteindre au Grand Œuvre, i.e. à sa réparation complète (Valkyrie = âme-sœur = complément parfait), pourvu qu’il ne dise pas « non ».

Telle est la douceur équivoque de l’entre-chien-et-loup à la croisée des chemins : tout notre libre-arbitre est dans le non-refus. Tandis que le libre arbitre du « directement né au sein d’une hearth » réside en son efficacité dans les raðumk, en sa productivité en fait de māri (bon karma), c’est-à-dire en son obédience envers Qui le pilote d'En-Haut – Voilà pourquoi le «directement né » correspond à Grani : il est le cheval (terme chamanique pour « possédé par le Divin », cf. Ehwaz), fils de (« la peine de naître et rien de plus »), offert par Wotan lui-même, sous un déguisement de vieillard lambda (pas « d'effort » de rapprochement à faire).

La grande difficulté de celui qui se rapproche – ce que son « processus » a de « long, fastidieux, douloureux, déchirant » – est qu'il ne parvient pas à extraire du Siðr le plaisir qu'il trouvait dans les choses dont il tirait, jusque-là, son alimentation spirituelle : Sigurd doit passer huit nuits sans toucher – i.e. jouir physiquement de – Brynhilde, comme il est écrit (HB, 12).  

< A petite mer, petits rivages : tout les hommes ne sont pas égaux en sagesse > (Há, 53) : chacun doit faire ce qu’il peut – et, même s'il arrive que les forces négatives le fassent douter, voire tomber dans son Ascèse (Gudrun reproche à Brynhilde d'avoir parfois tout de même dormi dans les bras de Sigurd, puis Brynhilde réalise qu’on lui < a fait prendre un mari par ruse >, etc. [HB 13]), rendre grâce d'être « passé » (de ce que Wotan ait manœuvré pour lui donner un cheval « blindé », i.e. pour le rapprocher malgré ses défauts).