vendredi 18 novembre 2016

Vígi Vanr


Sans doute les corbeaux évoquent-ils encore, dans leurs assemblées au crépuscule, des souvenirs de bombance et de carnage au temps de la première guerre du monde.
« Dégringolade des Générations » signifie : augmentation préoccupante du nombre de gens à qui l'on a envie de répondre « Mêlez-vous de ce qui vous regarde ! » quand ils parlent spiritualité – ou, pour reprendre la réponse immortelle de Goði Hwītaz Brūwō Inn-Thull au commissaire de police qui l'interrogeait cavalièrement, et affirmait « ne pas piger » : « Vous n'êtes pas venu au monde pour piger ».

(Puisqu'on en parle, l'étude ci-dessous est absolument incompréhensible à qui ne lit pas au préalable cet Itinéraire de l'Assassin.)

Vígi Vanr : C'est Big Brother qu'on assassine


Principe fondamental du Chamanisme : Asker, comme son nom l'indique, a été créé pour avoir « la fonction du Frêne » : assurer la connexion par laquelle la Lumière Infinie alimente Erda – Du coup, plus l'homme se connecte au Divin, plus il a de pouvoir sur le monde matériel.

Loki, dans sa haine de la lignée d'Himinbjorg, tente de nous faire croire que nous pouvons réaliser certaines choses sans prier, parce qu'il veut nous ravaler à son rang de Jotunn : quiconque ne fait pas appel au Divin pour toutes choses, perd sa dimension verticale – héritée de Borr – et se retrouve avec les seules fonctions corporelles léguées par Bestla, en plus de la force de gravité : dès lors, il est littéralement Jotunn, c'est-à-dire incapable de rien réaliser : la Volva dit que, sous le règne d'Ymir, il n'y avait rien (Vo, 3).

En se remettant au Divin, même, et surtout, pour les activités les plus simples, les humains œuvrent par Son pouvoir : un pouvoir illimité – ils ont, disent nos Sages, < l'éternité devant eux et l'omnipotence à leur disposition >.

Voilà pourquoi « INVOQUE SOUVENT » était le leitmotiv des Mages de Babylone, et pourquoi il importe de ne dévier de son Siðr, ni à droite, ni à gauche – c’est le message qu'Egill Skallagrímsson, d'éternelle mémoire, a codé dans la Sonnatorek, telle qu'explicitée par le Ríki Skugga :

VII. Tout est dans la régularité et la continuité de l'Ascèse, dans le fait de s' « habituer aux combats », de devenir < Vígi Vanr >. 

VI. < Ulfs of Bági, Míms Vinr, Goðjaðar > : Le divin antidote à la dystopie orwellienne est l’obtention de la Sagesse (Stan ᛥ), qui dépend du degré de noblesse et d'Uva (de « seigneurie » et de « divinité ») du prince-prêtre qui la reçoit.

V. < Bróður Vílis > : Au plan blanc (spirituel), le prince-prêtre doit se considérer comme zéro, rien : le Zéro Primordial n'est-il pas Ingwaz ᛜ – et le mot ingwaz, nom de cette rune symbolisant l'homme parfaitement accompli (Mabon), ne veut-il pas dire « héros » ?

IV. < Sigrhǫfundr, Vagna RúniGerðumk Tryggr > : Au plan rouge (moral, psychologique, individuel, etc.), sa pensée doit être inaccessible au bas-de-gamme des contingences de ce monde – ses mauvais traits de caractères, dus aux influences astrales, doivent être rectifiés – afin qu'il saisisse son Vrai Vouloir : < la fonction unique, sans précédent ni successeur, pour laquelle le Divin l'a fait descendre dans ce monde qu'Il n'a créé que pour lui >.

III. < Gauta Spjalli, Bileygr, Elgr, Her-Gauts > : Au plan noir (politique) : < les Quatorze Mots disent Quoi, les Quatre-vingt-huit Préceptes disent Comment > : le prince-prêtre doit fréquenter assidument les Goðar, veiller jusqu’à ce que son regard vacille pour s'occuper des affaires publiques avec l'ardeur et la fertilité d’un élan en rut : ainsi, et ainsi seulement, est-il digne de diriger les hommes dans ce monde où il n’y a que la guerre.

II. < Friggjar Niðjar > : Au plan social : < Les Quatre-vingt-huit Préceptes disent Comment, les Quatorze Mots disent Quoi > : le célibataire sans enfant ne compte pas.

I. < Vidurr > : Ainsi Big Brother est-il assassiné.

C'est le sens de la parole du Merkwuzkallōjanan, selon laquelle Fenrir est la réincarnation d'Ymir, rendue possible par l'oubli des Chants Anciens.