mardi 15 novembre 2016

Le Soleil, la Lune et la Reine des Valkyries



La première muraille d’Ásgard a été détruite lors de la guerre contre les Vanes (Vo, 24).

La seconde, réputée < si haute et solide qu’elle est imprenable > (Gyl 42, 15), sera pourtant détruite lors de Ragnarök, étant restée inachevée, c’est-à-dire faillible, parce que nos aïeux – au lieu d’admirer simplement le talent du maître-bâtisseur et l’existence d’un animal aussi prodigieux que Svadilfari – se sont livrés à d’obscures manœuvres pour ne pas payer son dû à l’artisan (auquel ils s’étaient engagés, < en produisant de solides témoignages et en prêtant de nombreux serments > (Gyl 42, 13), à livrer Sól, Máni et Freyja, si le délai d’un semestre était tenu).

La troisième muraille – qui s’élèvera après Ragnarök (Vo, 62) – sera, en revanche, éternelle.

Nos Sages enseignent qu'individuellement, nous subissons la même épreuve : après une période difficile due à nos erreurs bas-de-gamme (la guerre contre les Vanes, première guerre du monde, a été provoquée par Gullveig), période où, étouffés par les contingences temporelles (principe de délai), nous avons pris de fermes résolutions < en prêtant de nombreux serments >, le Divin nous donne de la lumière (une élévation spirituelle et/ou matérielle) afin que nous démontrions que nous méritons celle-ci (= que nous sommes au niveau de gérer, d’assumer cette lumière, i.e. que nous sommes fiables dans notre vouloir) en remerciant (= Sól, partie de la Huð consacrée à l’action de grâce), en nous montrant joyeux (= Máni : la Joie est la spécialité de Nanna, qui revient au monde en tant que < fille de Sól > (Vaf, 47) : le principe lunaire, spécialité de Máni, est de renvoyer la lumière du soleil, i.e. la « fille de Sól », sur la Terre), et en nous montrant aimant (Freyja : son suprême et tout-puissant amour pour Ód, son époux).

(Du reste, meiri oc minni, nous avons tous naturellement tendance à célébrer un bonheur inattendu par les trois « enthousiasmes galvanisés » – musique (harmonie = sphère de Ior ᛡ = ⊙ = Sól), alcool (ivresse = principe lunaire du dionysiaque = Máni) et femmes (Freyja, reine des valkyries)).

Si ce qui devait nous émerveiller, nous emplir de joie et de gratitude, nous rend ingrat, sombre et colère (tels nos aïeux lorsqu’ils prirent conscience qu’ils allaient devoir tenir leurs engagements), il faut se préparer à la baisse, aux pertes, et aux chutes – jusqu’à ce que d’en bas, notre désir s’embrase à nouveau (Lífþrasir – « ardeur qui donne la vie » –, l'homme réparé, i.e. corrigé, se trouve à la base du monde futur), et que nous remontions (Baldr, c’est-à-dire le Bonheur, revient du Helheim), jusqu`à atteindre un degré de vouloir (la fille de Sól est au centre du Nouveau Système [Sól ᛙ est la rune élémentaire qui confère la vertu cardinale du Vouloir]) qui maintienne notre niveau de façon éternelle.