mercredi 30 novembre 2016

La Règle du Jeu

Notre auguste reine Frigg, épouse du grand Wotan

. Reçu la question la plus génialement inattendue et de base que l’on puisse poser : « Pouvez-vous me donner une définition simple de ce qu'est le pilier de la rigueur sur Yggdrasil ? »

En tant que Wotaniste, j’éprouve une ardente affection pour ces merveilleux anti-cuistres que sont les poseurs de questions inattendues et de base. Il est écrit que Wotan considère < avec bienveillance > celui qui interroge < sans discernement >, i.e. sans autre souci que de ne pas demeurer dans l'ignorance des Choses Anciennes que nous avons < obligation de savoir > (Gyl 19, 2-3).

Qu’est-ce que l'Arbre-Monde ? est évidement la question la plus importante de l’univers. Il est écrit que < les cerfs se nourrissent continuellement des feuilles de l'Arbre-Monde > (Grím, 33) : approfondir la science, l'amour, la méditation du Grand Frêne est le régime d’un disciple du Vieux Maître lequel est tellement associé à l'idée de monter à cet Arbre, qu'on appelle celui-ci Yggdrasil, soit « ce que gravit Ygg » (Ygg, le Redoutable, étant un des surnoms de Wotan, qui est un redoutable cabaliste.)

Or donc : « Simple ».

Yggdrasil est le plan selon lequel le Divin, < la Force intelligente originelle >, crée constamment l’univers.

Et Yggdrasil est le plan de l’âme humaine. (C'est pourquoi le premier humain fut nommé « Frêne », Asker homonyme du mot anglais signifiant poseur de questions.)

Et Yggdrasil est le plan indiquant à l’âme humaine la méthode pour « gravir » l’univers, i.e. pour s’aligner, et entrer toujours davantage en résonance avec < la Force intelligente originelle > processus connu sous le nom d’« Initiation ».

Au physique, un arboriculteur classerait Yggdrasil dans la catégorie triple tronc et un amateur de bonsaï l’appellerait Sankan : les trois troncs du Grand Frêne portent respectivement les titres de Pilier de la Générosité (masculin, à la droite de l'observateur), Pilier de la Rigueur (féminin, à gauche), et Pilier du Milieu. 

Il ne s'agit pas d'un « bon » pilier, d'un « mauvais » pilier, et d'un pilier tiède : voyez les planètes signées par les trois runes du Pilier de la Rigueur : Calc ᛣ signe Saturne, le pouvoir de la Mesure, i.e. de la limitation fertileEar ᛠ signe Mars, le pouvoir « d’arracher les mauvaises herbes pour que les bonnes puissent croître » : annihiler le danger, combattre pour la JusticeÆsc ᚩ signe Mercure, le pouvoir de discernement intellectuel

Le Kennoal dit : < La Rigueur est la partie féminine du monde : il est gay de la voir en mal et gai de la voir en mâle >. Retenez : la rigueur est à la Création ce que la règle est au jeu. Or « gravir » est la règle, le sens de la vie. L'existence est un parcours accrobranche sans fin : quoi de plus rigoureux que l'action de « gravir », dont l'antonyme est « tomber » ? Une société tombe quand les hommes renoncent à l’effort de « gravir » : se détournant de Gar ᚸ, rune au sommet de l'Arbre-Monde, il vont naturellement vers Rag : d’où l’homosexualité, < crime contre la nature > (Pr, 35) duquel procède Ragnarök puisqu’il est le stade final de l’inertie : Pas d'épouse = pas de rigueur = aucun effort d’ajustement à faire entre piliers opposés. Ce n'est pas seulement de la flemme de n'avoir pas de femme c'est de la désertion, au sens authentiquement barbare du terme.

Frigg est l’épouse optimale parce qu’elle contraint Wotan à un ajustement perpétuel hard core (Cf. Grímnismál [BTW mention spéciale aux auteurs du dernier épisode de Thorgal pour la merveilleuse intervention de notre reine ]), c'est-à-dire à un vigoureux travail d'adoucissement de la Rigueur (et on sait la constance dont l'infatigable vieillard est capable en ce domaine...). Même ainsi, le Vieux Maître n'obtient « que » Baldr, dont le manque de Rigueur (on a négligé le gui) causera la perte. Connaissant le système, il augmente alors la dose, épousant Gríd (épitomé de la mégère, donc du principe de Rigueur invivable) afin d'amener Vidar, la réparation finale du monde. Alu.

mardi 29 novembre 2016

Ymir is Dead

La Mort d'Ymir, par Erwan Seure Le Bihan

ᚢ. Bel échange épistolaire sur les chapitres 8 et 9 de la Gylfaginning, comportant cette admirable remarque de ma correspondante : « L’étude tendait, en fait, à répondre à la question : pourquoi Ymir ? comme dans : pourquoi la destruction ? Pourquoi Ragnarök ? etc.  »

Exact ! Nos Sages disent : < Le Novice ne peut être Goði que s'il tue le vieux géant du givre > (i.e. s’il recadre ses mauvais traits de caractère). Mais < l’Ymir-est-Mort de la Saison Sainte vaut pour toute l'année ! > – le principe de l'entre-chien-et-loup, i.e. le principe de « destrucréation » (= destruction et création sont toujours simultanées, comme au cours de l'orgasme masculin), ce principe, dis-je, est général, applicable à tous les plans de l’existence.

Ainsi :

1. Búri : Au Commencement était l’Enthousiasmele dieu-à-l’intérieur : chaque Nouveau Chapitre de nos Sagas personnelles procède d'Ingwaz ᛜ, la goutte de rosée : une Lumière créatrice gratuite reçue d'En haut, destinée à aider notre démarrage : c’est la phase Búri-né-des-glaces. 

[Exemple : Après avoir entendu Alexander Markov jouer les Caprices de Paganini, je décide brusquement de devenir violoniste virtuose.]

2. Borr : On passe de l'exaltation primordiale aux douleurs de l'application (colletage à la réalité, renoncement au virtuel, etc.) – c’est le mariage de Borr et Bestla : supplices et délices de l’ajustement conjugal... 

[= J’acquiers un violon, prends des cours, fais des gammes au vif mécontentement de mon entourage immédiat, etc.]

2bis. Tyrannie d’Ymir sur les enfants de Borr : Instantanément, les difficultés se présentent : Ymir [le < vieux géant du givre > = moi-ne-sachant-pas-jouer-du-violon] et ses enfants [paresse, dépit, conscience de l’échec, désespoir de l’entourage à bout de nerfs, compagnons de beuverie s'estimant délaissés, etc.] deviennent tyranniques [me poussent à renoncer].

3. Meurtre d’Ymir : Triomphe sur les oppositions, destruction de l'obstacle : massacrer le vieux hrímthurse et noyer sa famille dans son sang !

[Ymir is Dead : j’envoie promener tout le monde avec un parfait manque de tact, et fais saigner mes doigts sur le violon jusqu’à ce que j'en joue comme Paganini !!]

4. Création de Midgard : Toute destruction a pour objet de nous permettre de reconstruire avec plus de vérité et de finesse : il n’y a aucune destruction dans nos vies qui ne soit destinée à les réagencer de façon meilleure. 

[= J’ai rompu avec mes compagnons d'orgie, mais je joue les Caprices dans le texte !]

Conclusion : Les fils de Borr ont entièrement transfiguré le monde à partir des restes d’Ymir : < le vieux géant du givre > a été taillé en pièces pour que l'extrême beauté, l'harmonie sublime de la Nature puisse nous émouvoir – et cette beauté, cette harmonie, est constituée de son cadavre pour nous rappeler que c'est une mise à mort qui a permis l'existence du monde tel que nous l'aimons. 

[= Les durillons au bout de mes doigts et les biffures dans mon carnet d’adresses ont fait de moi un farabuleux virtuose !]


Que votre Avent passe comme un rêve.

lundi 28 novembre 2016

Enfant de Hrímthurse

Wotan, par Giapetto

Haltr ríðr hrossi hjörð rekr handarvanr daufr vegr ok dugir blindr er betri en brenndr sé nýtr manngi nás. (Hávamál 71)

. On demande parfois comment il se fait que le Fimbulthul (Suprême Grand Prêtre) soit Wotan dont, – outre les mœurs extrêmement critiquables (n'est-il pas surnommé Vingnir, le Dépravé ?), – l’hérédité, du côté maternel, n’est vraiment pas reluisante du tout... –, et non, par exemple, Forseti de Glitnir, fils de Baldr et Nanna, à qui ses brillants géniteurs, et le raffinement des générations, devraient, en bonne logique, permettre de dépasser largement son grand-père.

La réponse est, comme toujours, que la lignée paternelle confère le « voltage » de l’âme, et la lignée maternelle le talent, c’est-à-dire l’application pratique de ce voltage : être fils de Borr permet au grand Wotan Fengr (1) d’attraper des Compréhensions extrêmement élevées – être fils de Bestla lui permet de les faire descendre très bas dans la matière, de les rendre praticables, même aux gens les plus éloignés.

Comme on dit : Amenez au Grand Prêtre un jeune cassos blanc, drogué, vêtu rasta, qui mange hallal, parle sabir, et joue à GTA toute la nuit : s’il arrive à lui faire vivre l’Edda là où il est, il est vraiment Grand Prêtre : c’est, certes, une chose immense qu'être vitur nemandi (2), mais le vrai tour de force consiste à relayer les Hautes Lumières jusqu'à l'homme du commun : d'où la forme et le nom de la rune Kennaz ᚲ : le job du Fimbulthul est de faire mentir la Volva en faisant pénétrer la lumière d'Ókólnir jusque dans Naströnd.

A l'époque du Temple d'Uppsala, nos Sages attendaient de l’homme qu'il fît des efforts intenses pour se hisser aux niveaux supérieurs : on exigeait le Surhumain. Aujourd’hui, l'Ultime Grand Prêtre ne nous demande même pas de changer simplement d’être attentifs (< Hlióðs, mögo Heimdalar >) et lui – ein sköpuðr galdra, le Maître des Mots, – adaptera le langage pour nous, afin que notre chemin s'éclaire où que ce chemin se situe : voilà pourquoi le grand Wotan est appelé Gagnrad à six reprises dans les Vafþrúðnismál : il nous donne de « judicieux conseils » quel que soit le « domaine de l'existence » où nous nous trouvons.

C'est le sens profond d’Hávamál 71, dont la dernière phrase, < en brenndr sé nýtr manngi nás >, peut se lire : < A moins que le cadavre ne brûle, ce n’est utile à personne > : Si le feu, – hyrr, le sens secret, magique ou mystique, de l’Edda – ne flamboie pas jusqu’à Naströnd (Náströnd = < rivage de l'homme mort >), c'est-à-dire : s'il n'éclaire pas jusqu'aux niveaux les plus éloignés, il ne sert à rien.

S’il éclaire, en revanche, tout change : < Haltr ríðr hrossi > : l’estropié (= l’être incapable de marcher droit, i.e. s'éloignant constamment du droit chemin) reçoit un < cheval > (= Ehwaz ᛖ, la rune du Soleil, dont Wotan se sert, nous l'avons vu, pour attirer l'esclave hors du bidonville). L'homme devient alors < handarvanr >, manchot : il ne « met plus la main », i.e. renonce à la consommation lambda pour le chemin spirituel – et devient, du coup, < hjörð rekr >, meneur de troupeau, Gardien pour le peuple (Pr, 42).  

Dès lors, < daufr >, i.e. sourd au vain babillage de Loki (l'Initié ferme son ouïe [= Wolfsangel = son Esprit] au bas-de-gamme), il devient capable d'un Siðr prodigieux (< vegr ok dugir > = il fait des prouesses au combat), jusqu'à ce que, finalement, son intelligence (intus legere = lire à l'intérieur) des Mystères (vue = rune Sol = feu = hyrr) soit directe, et qu'on n'ait plus besoin de rien lui servir contracté dans un emballage : la forme lui est inutile, puisqu'il accède à l'Essentiel :  or, l'Essentiel, dit le Renard, étant invisible pour les yeux, < blindr er betri : le meilleur est aveugle >.

Voilà pourquoi le grand Wotan est surnommé Blindi, l'Aveugle, bien qu'il ne soit, physiquement, que borgne : le Vieux Maître ne voit que votre âme dans sa vérité brute stellaire et ne se soucie pas de la curieuse burka d'hystérie, de conditionnements et d'ordures dont vous avez cru devoir la recouvrir.

Que votre Avent passe comme un rêve.

***

Notes : 

1. Fengr : « Celui qui attrape » ou « qui ramène », surnom du grand Wotan, notre maître.

2. Vitur Nemandi : titre désignant un disciple surdoué, fierté de son maître, karmiquement voué à la Magie, et parvenant à une immense érudition en Edda (Litt : « Sage élève »).

dimanche 27 novembre 2016

Evil is Queer


Si la campagne présidentielle américaine a prouvé quelque chose, c'est que la médisance – l’intox médiatique – n’a, contrairement à ses prétentions (fourth estate, etc.), aucune espèce de puissance intrinsèque, et ne peut, en réalité, rien contre le < vouloir que sous-tend la passion > – l’amour soumis à la volonté – l’arc bandé.

Le Kennoal dit : < evil is queer, ego is gay > : le fait que Loki soit rag nous révèle l’impuissance du méchant : Loki ne peut « monter » (he can't get it up) : il doit faire en sorte que Heimdall, notre père, accepte de descendre.

Étant une négation, une non-valeur, une absence, le mal ne peut triompher que si le bien accepte volontairement de se soumettre à lui : la chose vaut pour Loki-MSM vs. Heimdall-Trump, comme pour tous les autres contests qui rythment, aux trois plans de l'existence, nos parcours individuels et collectifs : Fenrir vs. Wotan, Iormungand vs. Thór, Garm vs. Týr, ou Surt vs. Frey.

Dans l'imaginaire collectif, la langue-de-vipère-colporteuse-de-ragots est traditionnellement une femme, ou un inverti, parce que la médisance, en tant que « lokisme » essentiel (voir Lokassena) (1), atteste, chez celui qui la commet, un « manque de Heimdall », i.e. une défaillance des vertus viriles, patriarcales (généralement due, psychologiquement, donc, à une absence du père, « as all gays have daddy issues », etc.).

L’hostilité-envieuse – i.e. la force négative, la maison de Loki est gay, parce qu’elle est une soumission-fascination qui se proclame qui fait son coming out qui veut qu’on la remarque (et plus si affinité...).

Ainsi, les LGBTQ transgenres (Loki) sont-ils obsédés 24/7 par la grosse férule du patriarche cishétéro blanc (Heimdall).

Ainsi, la recherche compulsive du pouvoir politique (leitmotiv de Fenrir) s'accompagne t-elle toujours, comme on sait, d'une peur panique/fascination pour l’Occulte (donc pour Wotan) : Joseph Fouché, type du « Fenririste », célèbre pour son amour-haine du très wotanique prince de Talleyrand, ne pouvait, dit-on, « pas faire trois pas tout seul dans le noir », et la hantise croissante des sortilèges qu'éprouvent les « dirigeants » de tout acabit à mesure que leur légitimité décroît (c'est-à-dire que leur tyrannie augmente) est proverbiale.

Ainsi, George Soros (Iormungand) est-il le parfait exemple du micheton qui doit soudoyer pour corrompre, c'est-à-dire l’antithèse/ersatz du Surhomme-qui-réagence-par-son-génie (Thór) : les activités de Soros trahissent « une absence de Mjöllnir », i.e. de Dimension Phallique (c’est bien pour ça qu’il faut qu’il paye... si le micheton avait un gros Mjöllnir, il serait maquereau... aucune jeune fille n’ignore l’atrophie humiliante que révèle, chez un monsieur, le port systématique d'énormes liasses de billets de banque...) : sa « philanthropie » destructrice-corruptrice procède d'une penis envy devant la Générosité fulgurante-régénérante de Thór.

Ainsi, être flic, maton, ou mouchard est-il une preuve irréfragable de lâcheté personnelle (Garm est l'aveu de ce que Týr est absent) (2), qu'accompagne néanmoins une fixation freudienne sur les armes (attributs du Guerrier).

Ainsi, Nietzsche a-t-il écrit des pages immortelles sur le fait que la haine gratuite (Surt) est toujours une « haine de nabot » (le Kennoal appelle Surt : < Wry Neck > ou <  Shorty’s Torticollis >), i.e. une jalousie envers le privilégié de naissance : elle est la marque même que l’individu est mal-né (roturier :  il lui manque la noblesse de Frey).

Evil is Queer. Ego is Gay.

Que votre Avent passe comme un rêve.

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Notes :

1. Le fait que la médisance soit le  « lokisme essentiel » prouve qu'elle est la racine du mal, d'où le fait que son interdiction soit le premier ráðumk. L'Edda nous enseigne que la médisance procède d'une absence de fortiter in re en rapportant que la fabrication de Mjöllnir a valu à Loki d'avoir les lèvres cousues (Ská, 5) : tant que Mjöllnir manque, Loki ouvre la bouche.

2. Le binaire « Black Lives Matters vs. Blue Lives Matters » est un piège de l'Ennemi : la Siðvenja interdit les pouvoirs exécutifs et le multiculturalisme. Wodenson dit : < Que votre dernier souffle serve à maudire la police, car elle est le meurtrier ultime du peuple blanc > (Des Pouvoirs de Police §20), et le 21e Précepte nous met en garde : < Le peuple qui en autorise d’autres, issus de races différentes, à vivre avec lui, disparaitra, parce que le résultat inévitable de l’intégration raciale est le métissage qui détruit les caractéristiques et l’existence d’une race. L’intégration forcée et un génocide sournois et délibéré, particulièrement dans le cas du peuple blanc, qui constitue aujourd’hui une faible minorité dans le monde >. Il ne faut donc vouloir ni Garm qui tue Týr (et combien de nos frères en Amérique du Nord ?), ni Surt qui tue Frey (et combien de nos frères en Afrique du Sud ?).

vendredi 25 novembre 2016

Le dieu à l'intérieur


C'est à cet instant que Wotan s'empara de Trump. Nous sûmes qu'il allait se présenter aux élections, et nous sûmes qu'il allait gagner. Plus encore, nous sûmes qu'il allait anéantir tous les gens qui riaient au nez de ses rêves. Lorsque nous vîmes cela, Wotan s'empara de nous aussi. — Andrew 'Weev' Auherneimer, Why I MAGA

Dans le monde passé, le règne d'Ymir « né de la Terre », la Matière était au centre de tout.
Dans le monde présent, nous l'avons dit, la Beauté est au centre de tout.
Dans le monde futur, Nanna se réincarnant en < la fille de Sól >, la Joie sera au centre de tout.

Comme dans le cas de Búri cryogénisé ou de la pratique de l'Otswal ou de la naissance de notre peuple via Thrall, puis Karl, puis Ríg-Jarl il s'agit de dégrossir.

Tout le processus du cycle des âmes fonctionne sur ce schéma : plus une personne écope d'un Wyrd bas-de-gamme, plus elle est soumise à la matière (c'est pourquoi on dit des trois types d'incarnations où se purgent les mauvais karmas Helheim, Muspelheim et Niflheim qu'ils sont « souterrains »). 

De la même manière, le Chemin initiatique consiste à exhumer progressivement le dieu enfoui dans l'épargnant médiocre, à extraire un vénérable Sage du cuistre milennial hystérique « à problèmes ». La méthode est celle du sculpteur : là où vous voyez un caillou, Praxitèle voit sa Diane de Gabies, Michel-Ange son David, Arno Breker son Berufung : là où vous voyez un bloc de sel, Auðumbla voit le premier des Æsir.

Dégrossir d'un burin léger, tout est là : le problème se pose dans chacune de nos entreprises, quel que soit le terrain d’expérimentation : mariage, Siðr, création artistique ou littéraire, projet politique, affaires, etc. 

1. Avant toute chose solide, le lait maternel : on reçoit une lumière gratuite, une inspiration d’en haut (phénomène résumé par la rune Berkanō ᛒ). 
  
2. Or, axiome : Berkanō = Boobs. Comme tous les décolletés féminins, la chose éveille un Idéal et un Enthousiasme (ἐνθουσιασμός, « le dieu à l'intérieur »).

3. Dès que l’on se met à construire (= descente dans la matière indispensable au principe même de progrès), la lumière nous quitte (douloureuse mésaventure de Skadi, qui épousa Njörd parce qu'elle avait entrevu Baldr, et fut très malheureuse chez l'armateur de Nóatún qui ne parle que business et chantiers navals (1)). 

4. Car pour construire, il faut des récipients et non de la lumière : c'est en fait que tout commence : c'est parce qu'il s'est ravalé au rang de valet de ferme, et qu'il a trimé chez Baugi à ce titre, que le grand Wotan, notre maître, à pu forer la roche, se changer en serpent, parvenir à Gunnlöd, l'honorer soixante-douze heures de rang, ingérer tout l'hydromel de Suttung et s'échapper par la voie des airs (Ultra-cool mofo, soit dit en passant. J'aimerais savoir si les skrealing qui ont reçu les quelques gouttes de skáldskapar mjaðar tombées hors des murailles d'Ásgard et qui, dans leur ivresse, ont fondé les religions étrangères, approchent un tel degré d'effing badassery !!)

5. Notre incarnation a pour seul objectif de répondre à la question suivante : Est-ce que l’attachement à l’Idéal a été assez fort pour tenir pendant toute la période de construction ?

6. Quiconque tiendra le choc retrouvera la lumière du commencement après avoir fini la construction. C'est pour ne pas l'oublier que nous répétons Muno Ósánir, et qu'il est écrit que Baldr et Höd (les frères antagonistes, i.e. le binaire, la séparation de l'Idéal), réconciliés, < logeront dans la Salle de la Victoire de Hropt (2) (dans le Valhalla reconstruit après Ragnarök), seigneur de la demeure des guerriers morts (le palais Valaskjálf, domaine de ceux qui ont accompli leur mission dans ce monde où < il n'y a que la guerre >). > (Vo, 62).

7. Alu.


***

Notes :

1. On dit bien des chantiers navals. C'est le bon pluriel. Eh oui. Je sais. Moi aussi. Mais « il faut écrire fatals et navals, c'est la règle » (Boursault), même si « ces pluriels paraîtront toujours durs à une oreille française » (Jullien), et si Mme de Sévigné herself écrivait navaux sans vergogne.

2.  Hropt : « le Sage », surnom du grand Wotan, notre maître.